« | Accueil | Commencer par la fin... »

lundi 12 déc. 2005

Comment articuler un ENT et les ressources sur les réseaux locaux ?

Les établissements n'ont pas attendu les ENT pour partager des documents et des applications sur les réseaux d'établissements. Différentes solutions sont utilisées suivant les académies pour gérer les droits sur les applications et les documents. Dans l'académie de Lyon, c'est une solution basée sur Novell Netware qui a été développée par l'académie.

Maintenant que le conseil général prévoit de prendre en charge la maintenance hard et soft des collèges, nous nous posons, avec l'Académie, la question de la pérénité de cette solution sous Novell.

Sont à priori candidats des solutions du libre autour de Linux (comme la Pingoo  de nos amis du Cri Archamps), mais aussi des solutions commerciales comme ce que fait Microsoft.

Mais si on regarde l'évolution des technologies, tout le buzz autour du web 2.0, les annonces de cette semaine où Free et 9tel proposent des solutions de stockages (ou de partage) de fichiers en ligne de plus en plus volumineux, on sait que la tendance ira vers l'intégration de tous cela dans des services en ligne.  Dès lors les ENT sont candidats pour être l'outil unique permettant de stocker les données de chacun et donner les accès aux applications. Puisqu'ils gèrent les élèves et leur classe et proposent des outils de communication et de collaboration, ils sont tout indiqués pour être l'unique espace de partage de documents dans un premier temps, d'applications ensuite. La version 2 de laclasse.com a fait la part belle au gestionnaire de document pour le rendre plus ergonomique et faciliter le partage de document.

Certe on peut penser que c'est un voeu pieu et qu'on nous a déjà fait le coup plus d'une fois avec le Network Computer de Sun en 98, terminal serveur et autres Citrix. Mais généralisation du haut débit aidant, et diffusion des technologies à domicile à l'appui, il faut reconnaître que l'on prend vite l'habitude d'accèder à son environnement et ses données depuis différents lieux de vie et de travail. Et derrière cela, reste le rêve de s'affranchir de la dictature du matériel et des configurations locales.

 

La première condition reste le réseau et les débits remontants disponibles dans les établissements. Comme le faisait remarquer un billet assassin sur un blog au sujet du cartable électronique de Savoie, les débits assymétriques de l'ADSL ne permettent pas d'envisager que 30 élèves enregistrent simulatément et confortablement, en fin de cours, l'ensemble de leur travail sur un serveur distant.  Mais déjà avec les 2 mbit/s dont dispose la plupart des collèges du Rhône on lève ce problème. Et le haut débit reste encore un problème sur pas mal de territoire, de nombreuses initiatives promettent d'y remédier.

 

Ensuite, il faut que l'ergonomie des ENT atteigne la souplesse des environnements réseaux traditionnels. Et là il y reste encore pas mal de travail et de défis techniques.

 

Enfin, il faut que les applications particulières puissent fonctionner en mode web. Ce n'est pas encore le cas de beaucoup d'applications pédagogiques anciennes et efficaces avec lesquelles beaucoup d'enseignants ont développé avec succès des pratiques et des habitudes.

 

Mais je pense que c'est irrémédiable, nous irons de plus en plus vers des environnements intégrés en ligne. Finalement, à moyen terme, les concurrents des ENT ne sont pas les outils de gestion des réseaux locaux, mais bien plus les services en lignes privés et commerciaux qui offrent de plus en plus de fonctionnalités. C'est en effet du côté de Google, Yahoo et de la multitude de nouveaux services web2 que se trouvent la concurrence d'un ENT comme laclasse.com. Preuve en est, sur ce même blog, des enseignants relatent leur expérience d'ENT sur un groupe yahoo !  Autre exemple, sur etudiantsvoyageurs.laclasse.com ou sur picture.laclasse.com nous avons intégré des petits outils de diaporama de photo, mais ils ne peuvent concurrencer des outils spécialistes comme flickr. De même comment intégrer un agenda à laclasse.com qui soit du niveau d'airset ?

Il y a quelques années nous avions un serveur de visio multipoint. Nous l'avons depuis abandonné car la vidéo sur yahoo messenger était meilleure et passait mieux les firewalls. Par contre les enseignants se plaignaient de la publicité sur ces outils. Aujourd'hui c'est Skype qui propose une vidéo de bonne qualité et une qualité sonore souvent excellente, et sans afficher de publicité. Et skype a publié récemment des Api permettant d'intégrer skype comme un service web dans son site web. C'est sans doute là pour nous une opportunité d'avoir le beurre et l'argent du beurre : choisir les meilleures outils au gré de leurs évolutions, et les intégrer dans un environnement de travail unique qui reflète et rassemble une communauté d'intérêt.

Bref c'est possible, mais il va falloir suivre ... et la dynamique technologique n'est pas du tout en phase avec le rythme des pratiques et des usages qui lui est beaucoup plus lent et circonspect.

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/470708/3836478

Voici les sites qui parlent de Comment articuler un ENT et les ressources sur les réseaux locaux ?:

» Attention à la vague ! de le blog de groupe Reflect
Depuis quelques mois, je me suis mis en train de sérieusement attirer l'attention des universitaires avec lesquels je travaille sur l'arrivée de la fameuse "i-generation", notamment à l'appui de ce qui se passe avec les blogs. J'ai été écouté mais...... [Lire la suite]

» Etre accueillant c'est bien, être généreux c'est mieux. de le blog de groupe Reflect
À en croire ce qu'on lit tous les jours des observateurs les plus inspirés du développement de la société de l'information, il n'y a plus personne pour nier le développement massif des usages numériques et notamment des nouvelles pratiques dites... [Lire la suite]

» Enfin un exemple de pleine intégration de la Société de l'Information dans l'enseignement de le blog de groupe Reflect
S'il est un thème qui monte de plus en plus à l'heure de l'internet massifié et des usages dits 2.0, c'est la, nécessité d'une écologie du réseau et plus largement l'interpellation faite à la sphère éducative sur le rôle qu'elle... [Lire la suite]

Commentaires

Tout à fait d'accord sur la première condition :la bande passante.
Aujourd'hui, pour un accès généralisé de l'établissement à notre ENT
http://phares.ac-rennes.fr/hautesourmes
et aussi l'utilisation de manuels numériques en ligne, nous ne disposons que d'un accès ADSL/PRO 1024/256, mais les choses sont en train d'évoluer et on espère une augmentation prochaine de la bande passante.

Votre propos est très intéressant et j'ose croire qu'il ne fait de doute à personne que les ENT doivent s'ouvrir aux contenus personnels et aux usages numériques.
On a progressé avec l'accès au réseau des ordinateurs personnels connectés en Wifi, il reste le champ du système d'information et de son articulation avec les contenus que l'utilisateur produit et les services dont il tire déjà satisfaction sur le réseau.
Entre autre question intéressante, celle de savoir comment faire prendre en charge à mon compte personnel universitaire ma base de contact et mon agenda que je partage déjà entre mon ordinateur de bureau, celui de ma maison et mon téléphone portable, sans doublon ni ressaisie ? L'intégration du téléphone mobile est en lui-même un champ inexploré.

Mais ne faudrait-il pas poser la question d'un autre point de vue. Ne faut-il pas sortir de la logique de mettre l'ENT au centre pour y mettre l'usager. De la sorte, l'ENT devient alors un bouquet de service intégré dans les pratiques numériques de l'individu. Après tout, la vie de ne résume pas à ce que l'on fait sur un ENT...

Bonjour,
je rejoint le point de vue de M. Alexis Mons.
C'est l'usager, la partie centrale du débat.
L'ENT n'est qu'un outil mis à sa disposition.
Cependant, la constatation majeur qui apparait lors des tests des produits existants, c'est une coquille vide. Ou plutôt, ce sont des coquilles vides...
Un outil collaboratif est à mon sens, quelques chose de cohérent entre tous les futurs utilisateurs, mais aussi et surtout un outil capable d'évoluer et de supporter un nombre d'usagers en constante évolution.

Je me pose donc deux questions simples :
-Toutes les solutions libres aussi intéressantes soient-elles pourront-elles supporter un nombre croissant d'utilisateurs ?
-Le nombre d'ENT différents qui fleurissent un peu partout, n'est-il pas en contradiction avec le mot "collaboratif"?
Comment voulez vous que toutes les bonnes volontés puissent se réunir dans le but commun de rassembler les ressources pédagogiques et les outils pédagogiques de chacun, si tout le monde travaille avec des outils différents ?

Il devient urgent de trouver une vraie solution qui "tienne la route" pour que tout le monde travail de façon productive.
Arrêtons peut-être aussi de se voiler la face. La solution entreprise est la seule à pouvoir supporter de tels critères.
Et la seule, à accepter de prendre de tels risques.

L'usager au centre : oui pourquoi pas, et tout le monde vous dira que c'est ce qu'il fait. Maintenant puisque le sujet de ce blog est les ENT indiquez moi des ENT qui mettent leurs usagers au centre et d'autres qui ne le font pas... Ce n'est pas évident de voir ce que cela change. Le propre d'un ENT est d'abord d'être un espace coopératif, il met donc naturellement la communauté au centre. Le problème c'est que celle-ci est à géométrie variable car de même que les familles sont éclatées, les échanges professionnels ne se résument rarement à son propre établissement scolaire.

Pour ce qui est du débat du libre : il faut être clair, le libre ne s'oppose pas à "entreprises". Les solutions du libre sont en général développée par des entreprises. Libre ne signifie pas "bricolé" par des amateurs, mais "dont le code source est disponible". La seule façon de répondre à la dispersion sur des outils différents c'est bien de se mettre d'accord sur une norme commune. Et le libre est la meilleure façon de permettre aux acteurs publics et privés de travailler ensemble dans entrer dans la dépendance d'un acteur unique.
En terme de montée en charge, il est clair que les logiciels libres n'ont rien à envier aux solutions propriétaires bien au contraire. Pour notre part, laclasse.com est basé sur une solution propriétaire : Oracle, et nous envisageons de passer sur une plate-forme totalement libre justement pour pouvoir mieux monter en charge à un coût acceptable.

Cordialement,
Ya Martin

J'ai bien compris.
Dans ce cas, qui s'occupe de la maintenance de toute la plateforme ? Qui assure la hot line lorsque quelque chose ne "marche" pas ?
Qui s'occupe de la formation des utilisateurs aux outils ?
Les entreprises qui passent au Libre sont de plus en plus nombreuses mais elles ont des compétences en interne.
Un outil commun demande des bases "solides" pour pouvoir évoluer sereinement.
Vers qui on se tourne lorsque ça "bug"?
Je veux dire par là : qui assume le cout des gens qui travaillent 24/7 ?
Le monde des TICE bouge et essaye de s'adapter...mais ça reste leur métier.
Soyons un peu civique et honnête : tout le monde peut presque tout faire (du moins le croient-ils), mais demain....
Si vous passez sur des solutions libres, vous mettez quelques centaines de milliers de personnes au chomage et vous demandez à l'éducation nationale de payer des "informaticiens".
C'est ça l'avenir de nos enfants ?
- tout est gratuit, on ne paye plus rien,
et on a tous des salaires de ministres ???
Il y a un veille adage qui dit qu'il faut faire marcher le petit commerce d'une ville, sinon c'est la mort assurée d'un centre ville.

Pour ma part j'ai toujours cru que c'était les entreprises (Française bien entendu)qui créaiant de la richesse dans un pays.
Vous pensez que je me trompe ?
Bien cordialement.

Dans notre cas ce sont nos ingénieurs et nos techniciens qui assurent cette hotline et ce support technique. En l'occurrence ils sont salariés du conseil général du Rhône.
C'est le conseil général qui prend en charge l'ENT, son développement et sa maintenance au même titre qu'il prend en charge l'équipement des collèges, leurs batiments etc. C'est bien un service public payé par les deniers publics.

On souhaite aller vers des logiciels libres pour que les développements que nous faisons puissent être partagés avec d'autres acteurs publics et privés et éviter de repayer plusieurs fois, et avec de l'argent public, la même chose. Il vaut mieux utiliser notre argent à payer du support aux utilisateurs, des nouvelles fonctionnalités, que de les mettre dans des frais de licences récurrents sans service supplémentaire.
Les collectivités comme toutes les entreprises ont des services informatiques internes ou externalisés. D'ailleurs les développements que nous faisons sont en général réalisés par des sociétés privés, mais contrairement aux logiciels propriétaires nous pouvons capitaliser sur ces développements et en assurer la destinée. De plus les logiciels libres sont une chance énorme pour l'industrie européenne du logiciel puisqu'ils favorisent des nouveaux entrants et déverrouillent l'accès au marché pour des structures plus petites. Le logiciel libre est favorable aux entreprises françaises de proximité alors que le propriétaire est favorables aux géants américains que sont Microsoft et Oracle.

Dans tous les cas nous savons que c'est nous, collectivités, qui allons devoir payer. Je ne vois pas comment vous pourriez faire prendre en charge par des financements privés ces services sans perdre un pilotage public. Car on se retrouverait comme avec Google et Yahoo avec des problèmes de publicité et d'utilisation commerciale des données personnelles (lisez la licence d'utilisation accompagnant l'ouverture du service Gmail de Google pour comprendre le risque que cela fait porter sur la vie privée). Peut être sera t'on obligé d'y venir pour des questions financières, mais je ne suis pas certain que l'école et les élèves en sortent gagnants.
Cordialement,

Yam

Je comprends tout à fait votre point de vue, et dans l'ensemble je suis de votre avis.
Je vais vous faire part de ce qui me chagrine.
Lorsque vous dites que le conseil général finance l'immobilier, les aménagements et les ENT avec les deniers publics je conçois la chose même si je ne démords pas du fait que ce n'est pas son rôle...
Bref, que pensez vous de ce qui suit :
Le conseil régional d'Ile de France vient de faire paraitre un appel d'offres si-après nommé : "Etude visant à suivre et à dégager les premiers enseignements de l'expérimentation des ENT dans neufs établissements françiliens"....dans le cadre d'une procédure adaptée de 45000 euros à 90000 euros.
Sympas comme utilisation des deniers publics !

En plus, je ne vous apprends rien en disant que le primaire dépend des villes, les collèges des conseils généraux et les lycées, des conseils régionaux.
Si chacun y va de son projet, de l'étude de celui-ci et du développement de son propre système....c'est vrai que c'est super économique !
Vive la décentralisation.

Pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, je voudrais juste vous dire que les solutions de plateforme ENT qui proposent des développements privés avec du contenus pédagogique, des logiciels "propriétaires", et des logiciels libres de droits...
ça existe !!
et je suis à votre disposition si ça vous interesse.
Bien cordilement.

proxy

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

Chercher

L'Expresso du Café Pédagogique

Internet Actu : Education et formation

Syndication

Blog powered by TypePad