Table-ronde sur la place des femmes dans la technologie : Anina, Kelly Richdale, Beth Krasna
5-6% des dirigeants des entreprises high-tech de la Silicon Valley sont des femmes. Pourtant elles représentent près de 40% de la force de travail des entreprises de technologie.
43% des blogueurs sont des blogueuses. Mais elles sont 8 à 10% des blogs les plus consultés.
Autrement dit, plus on monte dans les hiérarchies formelles ou informelles, moins on trouve de femmes. Cela s'étend à d'autres domaines, par exemple la liste des éditorialistes de la presse technologique.
Les femmes achètent-elles de la haute technologie ? Oui. D'autant que les femmes sont de plus en plus responsables de la majorité des décisions d'achat (83% aux Etats-Unis) - mais ce pouvoir est-il exploité ?
Cette sous-représentation a-t-elle une importance ? Oui : des études montrent que l'équilibre des genres a un impact positif sur la profitabilité des entreprises américaines - dans 4 secteurs sur 5, sauf dans le secteur des technologies de l'information et de la communication. Pourquoi ??
Que peut-on y faire ? Déjà, montrer des exemples de femmes actives dans ces domaines. C'est par exemple ce que fait le mannequin Anina avec son site 360° Fashion. Quelques questions intéressantes : pourquoi ces mannequins dans Elle n'ont-elles jamais de téléphone mobile ? Pourquoi n'y a-t-il pas de pub Microsoft dans Marie-Claire ? Seul l'iPod traverse aujourd'hui ces frontières-là.
Kelly Richdale constate que les femmes ne parviennent pas au sommet des entreprises technologiques par promotion interne. Le meilleur chemin pour elles est de créer leur entreprises - et éventuellement de la vendre ensuite, pour parvenir alors à des positions de direction...
Beth Krasna, qui participe en "indépendante" au Conseil d'administration de plusieurs entreprises, constate que les entreprises sont moins prêtes à prendre des risques lorsqu'il s'agit de promouvoir des femmes - autrement dit, celles qui sont promues seraient à la fois plus compétentes et plus "conformes"...
Dans la discussion, RIchard Scobble, "blogueur en chef" de Microsoft, constate que beaucoup de réunions professionnelles où se constituent les réseaux informels d'où émergent les nouvelles entreprises ou les cercles dirigeants de demain, sont presque exclusivement peuplées d'hommes (ce constat rejoint celui de la Fing dans la plupart de ses réunions). D'où cela vient-il, que peut-on y faire ? Une réponse : et si ces réunions ne se déroulaient pas le soir, mais à midi ?... Réponse de Scobble : on a aussi fait des déjeuners, et ça n'a pas changé grand-chose. Mais bien sûr, cette contrainte existe, et plus globalement la difficulté de concilier le travail de mère et celui de dirigeante, le partage des tâches étant ce qu'il est.
Il y a aussi une affaire de confiance. Par exemple, le préjugé qui veut que les femmes sont moins matheuses que les hommes finit par se confirmer dans l'esprit de chacun : une enquête auprès d'étudiants a montré que les femmes se pensaient moins bonnes en maths qu'elles ne l'étaient, et les garçons meilleurs...
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