Cory Doctorow : "Technology giveth, technology taketh"
Ce que fait la technologie, c'est déplacer pouvoirs et valeurs. La bataille du DRM est une bataille contre le déplacement de la valeur et du pouvoir rendu possible (et nécessaire) par la technologie. C'est une bataille contre les consommateurs et même contre la science : en Amérique, on en est à arrêter des mathématiciens russes qui donnent des conférence sur la cryptographie, parce que les connaissances qu'ils exposent pourraient permettre de trouver les moyens de casser des systèmes de protection techniques des oeuvres !
Ces modèles ne sont pas adaptés à l'internet. Personne ne peut gagner de l'argent en criminalisant ses clients. Ces modèle visent à réduire la valeur des biens que l'on achète. Pire, ils donnent tout le pouvoir au gestionnaire du système. Une simple mise à jour, automatique et obligatoire, peut réduire mes droits après l'achat (réduire le nombre de copies, les appareils sur lesquels le contenu peut être joué...). Ce n'est pas tenable. Personne ne peut gagner de l'argent en criminalisant ses clients.
Que seraient des modèles d'affaires adaptés à l'internet ?
- Accès conditionnel : exiger le respect de certaines conditions avant d'accéder à un contenu, mais pas une fois que l'accès a été autorisé. Permettre en conséquence les nouveaux usages, y compris inattendus, du contenu une fois les conditions d'accès respectées.
- Licences globales ("blanket licences"), qui peuvent être un paiement volontaire et global pour accéder à une variété de contenus.
- Des modèles qui facilitent les conversations et les communautés. Sur l'internet, le contenu n'est pas roi. Si vous aviez le choix d'enmener vos amis ou vos disques sur une île déserte, que choisiriez-vous ?
Avec l'accord de mon éditeur, il y a quelques années, j'ai autorisé le téléchargement gratuit de mon livre. Grace à cela, nous en sommes à la 6e édition et j'en ai vendu 650 000 exemplaires. Mon problème, ce n'est pas le piratage, mais l'indifférence !
lift06
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