Faut-il externaliser les services ?
Grâce à un travail acharné de deux collègues, dont un mis à disposition de l’établissement par la DATICE, les nouveaux serveurs commencent à proposer leurs services aux usagers du lycée Blaise Pascal. Que de temps ont-ils passé « les mains dans le cambouis » depuis l’arrivée des nouveaux matériels, quelques jours avant la rentrée scolaire.
Ceci permet, c’est vrai d’avoir du « sur-mesure » et de répondre au plus près aux demandes des uns des autres. C’est ainsi depuis la mise en place des TICE au lycée, puis dans le bassin. C’est sans doute l’une des raisons qui permet aujourd’hui de constater que les services sont utilisés par des collègues toujours plus nombreux à déposer des ressources au service des élèves.
Cependant, le coût matériel, humain pour un tel déploiement, même à l’échelle d’un bassin de formation m’amène à la question de l’équilibre entre les moyens et le service rendu : un tel système, avec ce qu’il a la fois d’empirique et d’efficace, est-il envisageable dès lors que le nombre des utilisateurs dépasse le seuil d’au plus quelques établissements scolaires ?
En regardant l’expérience ambertoise, la réponse semble négative : d’ailleurs, i-bl@ise n’est pas et ne pourra jamais être un véritable ENT, ne serait-ce que par la barrière de l’identification unique pour l’accès à la totalité des services.
Aussi, peut-être avec une certaine nostalgie, il est temps maintenant de changer d’échelle et de se tourner vers des services académiques, voire purement et simplement externalisés. Les premières solutions d’ENT qui nous ont été présentées rassurent par l’éloignement de la contrainte technique locale, mais nous frustrent souvent par services qui ne sont pas en totale adéquation avec les pratiques ambertoises.
L’échéance du choix d’un ENT académique qui se rapproche est-elle synonyme de temps finalement perdu à Ambert en étant partis trop tôt ? Très clairement la réponse est non, car les pratiques devenues habituelles vont permettre de tirer parti au plus vite des nouveautés et des progrès qu’apporteront ce véritable ENT.



Bonjour,
Si je comprends bien ce que vous entendez par "externaliser", c'est-à-dire confier à d'autres (entreprises...) le soin de mettre en place les services dont nous avons (ou pourrions avoir) besoin, alors le seul intérêt que j'y voie est manifeste sur ce blog. À savoir, faire reconnaître à l'institution que l'investissement que réclame ce genre de projets à un coût (horaire, formation, etc.).
La solution retenue ici d'un blog payant, par exemple, évite à ses "animateurs" de mettre les mains dans le cambouis et de travailler "gratuitement" à la maintenance de ce blog.
L'institution ne reconnaît que trop "timidement" le coût réel d'un tel investissement. En externalisant, nous obligeons l'institution à payer, à supporter ce coût. Le risque est, comme vous le signaler, de ne pas y retrouver ses "petits"...
Doit-on prendre ce risque ou s'échiner à faire reconnaître ce coût?
La gestion du B2i dans les collèges est, de ce point de vue, assez symptomatique: les enseignants n'ont pas été formés et la validation du brevet est assurée pendant les heures de cours existantes. Elle empiète sur les disciplines en rognant ici et là heure par heure...
Bien à vous.
Rédigé par: Christophe Gallaire | mardi 27 sept. 2005 at 18h56
Sur le premier point, l'externalisation des services :
- le déploiement des ENT à une échelle académique implique le passage à une échelle "industrielle" (cf. SDET) : nous atteignons, voire dépassons la limite de fonctionnement à l'échelle du bassin de formation Livradois-Forez. Les collègues qui gèrent les serveurs sont compétents, ne plaignent pas leur peine, mais face à une demande accrue et diversifiée de services, nous ne pouvons assurer la montée en charge pour l'ensemble des collèges, voire des écoles du bassin. Pourtant l'implication et le soutien de la Datice sont manifestes.
- La mise en oeuvre de ces solutions académiques relève à mon sens de l'investissement des collectivités (cf. circulaire TICE dans le BO 34 du 22 septembre 2005)et n'est plus un travail d'enseignant. Ce n'est donc pas l'institution qui en assumera le coût, même s'il est important qu'elle contribue à l'élaboration du cahier des charges.
Sur le B2i :
- la circulaire TICE du BO 34 donne la réponse, après bien d'autres. La validation du B2i est partie intégrante de la pratique disciplinaire - de toutes les disciplines, pas seulement de la technologie en collège... - : lorsque mes élèves produisent un document sur le Parthénon à partir d'une recherche sur l'Internet je valide les compétences du B2i associées et le B2i n'empiète pas sur ma discipline. Donc pas de validation en dehors du cours ou de formation particulière des enseignants.
Rédigé par: Michel SAUVADE | mardi 27 sept. 2005 at 21h58
Est-il possible de connaître votre profession?
Rédigé par: Christophe Gallaire | jeudi 29 sept. 2005 at 20h01
Je suis professeur d'Histoire-Géographie au lycée Blaise Pascal, à Ambert (63), correspondant TICE du bassin de formation Livradois-Forez (1 lycée, 8 collèges et une quarantaine d'écoles au total) et Interlocuteur académique pour les TICE en Histoire-Géographie (IANTE-HG)de l'Académie de Clermont.
La conjonction de ces trois missions est particulièrement intéressante car elle permet de croiser les regards par rapport à ce phénomène qu'est le déploiement des ENT.
Rédigé par: Michel SAUVADE | dimanche 02 oct. 2005 at 22h36
Je vous avais demandé votre profession parce que la réponse que vous avez donnée à mon commentaire m'avait sérieusement refroidi. Tellement officielle. Si peu en phase avec ce que je connais de la salle des profs.
Le "B2i n'empiète pas sur ma discipline." Sur le contenu de votre discipline, j'en doute. Demander aux élèves de produire un document mêlant texte et image numériques, réclament un minimum de maîtrise de l'outil. Vous devriez connaître au moins autant que moi les difficultés de nombre de nos collègues avec l'informatique, ne serait-ce que pour entrer leurs notes sous l'archaïque GEP. Et vous avez du mal à envisager combien il est nécessaire d'apporter une réponse en proposant une "formation particulière des enseignants"?
Pour ne parler que de mon expérience, ma connaissance de l'informatique ne doit rien, absolument rien à l'éducation nationale. Tout comme ma connaissance de la cuisine... Et si demain l'on juge que la cuisine est une compétence transervale, vais-je devoir l'enseigner? Sans que cela empiète sur ma discipline? Soyons sérieux deux minutes... il y a le texte officiel et le réalité du terrain que vous connaissez comme moi. ET vous savez que nombre de nos collègues ne sont pas à l'aise face à la machine. Combien d'entre nous conçoivent leurs cours sur une machine? Et pourquoi à votre avis?
De plus, se pose un autre problème, éthique et, n'ayant pas peur du mot, politique, celui-là: celui de l'implantation massive d'un OS propriétaire (Windows) et de ses suites logicielles. Je trouve insupportable d'avoir à former mes élèves sur une configuration qui réclament aussi peu de maîtrise et fonctionne avec autant de béquilles (aucun virus sous OSX d'Apple, aucun virus sous Linux). Une machine correctement configurée sous la Mandriva 10.5, par exemple, ne néccessite aucun investissement financier pour les fonctionnalités employées couramment.
Rédigé par: Christophe Gallaire | lundi 03 oct. 2005 at 08h37
Je crois que l'un des intérêts de ce blog est justement de sortir du cadre très réduit de notre expérience personnelle du terrain ("changer de pâturage réjouit le veau, dit-on chez moi..." ;-) ) ; nous avons tous des exemples qui vont dans un sens ou dans l'autre, je ne sens pas capable d'en tirer des conclusions globales sur les pratiques de l'ensemble des collègues.
Sur le second point, le déploiement des ENT à l'échelle des académies donnera les réponses les mieux adaptées aux cahiers des charges ; nous avons souvent l'habitude de considérer l'outil que nous utilisons comme le meilleur, par habitude. Je ne me formaliserai pas de changer de système pourvu que les services rendus soient équivalents ou supérieurs à ce dont nous disposons aujourd'hui à Ambert.
Rédigé par: Michel SAUVADE | lundi 03 oct. 2005 at 10h13
Pour le veau, si je puis me permettre, changer de pâturage ne signifie pas quitter le terrain pour la voie lactée (le ciel de l'abstraction)... mais juste voisiner.
Je peux comprendre par ailleurs votre volonté de passer du minuscule rampement à la majesté majuscule mais je resterai un enseignant de terrain, aussi réduit que soit mon pré.
L'herbage n'y est bien entendu pas toujours des meilleurs, mes compagnons de brouteries pas ne sont tous de joyeux convives, il y pleut, il y vente, et malgré les intempéries, ce pâturage connaît aussi de belles éclaircies et nous donne de merveilleuses pâquerettes.
Alors je ne cracherai pas dans l'abreuvoir...
En imaginant que je n'aie connu que celui-là, je m'efforcerai, parce que je vis quotidiennment dans ce pré, la tête dans les trèfles, de cohabiter du mieux que je le peux avec mes convives... N'en déplaise aux idéologues et technocrates en herbe.
Rédigé par: Christophe Gallaire | lundi 03 oct. 2005 at 11h25
J'allais oublier le second point: ce n'est pas l'habitude mais le coût et les multiples dysfonctionnements (les plantages!) qui m'incitent à refuser de former mes élèves sous cet OS propriétaire.
En 15 ans de Mac je n'ai réinstallé qu'une fois et partiellement mon système... je ne compte plus les réinstalls sous windows. Quant aux pertes de données, n'en parlons pas... néolinuxien (quelques mois... bien qu'utilisateur du noyau kernel sous OSX depuis sa sortie)... rien à dire.
Ce n'est pas l'habitude qui a poussé en 2002 la Norvège à faire migrer toute l'administration sous Linux ( http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,2119142,00.htm ). Ce n'est pas non plus l'habitude non plus qui pousse Microsoft à consentir des rabais inimaginables pour conserver ses contrats ( http://www.lexpansion.com/compteur/compteur.asp?compteurId=689redirURL=http://www.lexpansion.com/art/2487.76856.0.html ).
Serait-ce l'habitude qui pousse Microsoft à lancer un assaut contre le plan de gouvernement du Massachusetts pour convertir des réseaux informatiques de toutes les agences d'état vers un format open-source en janvier 2007 ( http://www.quebecos.com/modules/news/article.php?storyid=397 )? Et quelle habitude?
Faut-il vous donner la liste des États migrateurs? Sont-ils tous poussés eux-aussi par l'habitude?
Rédigé par: Christophe Gallaire | lundi 03 oct. 2005 at 12h14
Bonjour,
L'externalisation est devenu un facteur positif dans notre société. En effet, plus de 80% des entreprise externalise une partie de leur branche.
Voici un article qui en parle : http://www.offshore-developpement.com/breve.php3?id_breve=247
La société Offshore-développement est l'un des acteurs majeur de l'offshore en France.
http://www.offshore-développement.com
Rédigé par: offshore | vendredi 13 juil. 2007 at 11h05
Bonjour,
L'externalisation de services est devenu un facteur positif au sein de notre société. En effet, plus de 80% des entreprises externalisent leurs services (paie, R&D, call centers...) dans les pays émergents. Ces pays (maroc, inde...) permettent des économies d'échelles assez importantes et non négligeable pour accroitre sa compétitivité.
Voici 2 articles qui parlent du boom de l'externalisation ainsi que du cost killing.
http://www.offshore-developpement.com/breve.php3?id_breve=247
http://www.offshore-developpement.com/breve.php3?id_breve=241
http://www.offshore-developpement.com
Rédigé par: offshore | lundi 16 juil. 2007 at 11h05